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mercredi 8 juin 2016

Le monstre du château : deux illustrateurs pour une histoire

Aujourd'hui paraît la première aventure de Galaad en Milan Poche Cadet !
Les lecteurs de Moi Je Lis connaissent déjà notre jeune héros, page à la cour du roi Uther Pendragon. Mais pour les autres, c'est une découverte. Entre la version magazine et la version livre, un grand changement s'est produit : l'illustratrice Valérie Verney a été remplacée par Glen Chapron. Ce sont des décisions d'éditeur, je n'ai pas mon mot à dire là-dessus. Ces deux dessinateurs sont aussi doués l'un que l'autre. Ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est la façon dont un même texte donne lieu à deux interprétations complètement différentes en terme d'image.

1 . La scène d'introduction

" -Tiens ta sixte, mon garçon! Ta garde est molle, je pourrais la traverser les yeux fermés.
Je m'empresse d'obéir aux ordres aboyés par Bran, le maître d'arme. ça fait deux bonnes heures qu'on s'entraîne dans le froid. Malgré la fatigue, je me concentre sur les attaques du maître et m'efforce de parer comme il nous a appris."
Illustration de Valérie Verney

Illustration de Glen Chapron

Les deux illustrations reprennent les données essentielles du texte. A savoir, Galaad, le maître d'arme et les autres pages. On devine même le château en arrière plan. Seulement, là où Glen met des épées entre les mains de Galaad et Bran (logique, on parle de garde et de sixte, une position d'escrime), Valérie dessine un bouclier (?).

2 . La première apparition du monstre du château

Alors qu'il va chercher de l'huile pour graisser les armes, Galaad est attaqué par une gigantesque ombre.
" Un bruit de verre brisé retentit dans mon dos. Je me retourne un peu trop vivement, je glisse et m'étale de tout mon long dans l'horrible substance graisseuse. Pas le temps de me redresser, une ombre surgit au-dessus de moi tout en rocs et en griffes. Elle pose deux pattes velues sur mon torse pour m'immobiliser et ouvre un peu plus ses gigantesques mâchoires.
Je pousse un cri d'effroi. "
Illustration de Valérie Verney

Illustration de Glen Chapron
Les deux illustrateurs ont fait un choix différent. Valérie préfère garder le mystère sur le monstre en ne montrant que son ombre tandis que Glen nous dévoile déjà les pattes du Chapalu.

3 . Merlin

Le monstre est repoussé par un petit soleil miniature généré par un jeune homme qui n'est autre que... Merlin.
" -Ouhou! Tout va bien? demande une voix bienveillante.
- Très bien, si on omet le fait que je suis couvert de saindoux et de bave de monstre.
L'inconnu s'esclaffe. Je me redresse, intrigué. Le petit soleil volette à présent autour d'un jeune homme simplement vêtu d'une tenue de forestier. Ses yeux dorés me scrutent avec malice. "
Illustration de Valérie Verney

Illustration de Glen Chapron
Deux illustrateurs, deux Merlin totalement différents l'un de l'autre. Mais les deux portent la même gentillesse sur le visage.

4 . Les chevaux s'enfuient

Le Chapalu continue ses bêtises tandis que Merlin et Galaad font connaissance.
" [Le monstre] est passé par les écuries. Il a tant effrayé les chevaux qu'ils ont brisé leurs attaches. Des étalons nerveux errent à présent un peu partout, poursuivis par de jeunes galopins."
Illustration de Valérie Verney

Illustration de Glen Chapron
 J'aime beaucoup le dessin énergique de Valérie avec les têtes des chevaux dépassant des fenêtres ou courant au premier plan. Mais j'aime aussi beaucoup l'image de Glen, plus centrée sur le travail des petits galopins et le bazar créé par les chevaux aux écuries.

5 . La Colère des villageois

Évidemment, les villageois commencent à s'inquiéter. Qui est ce monstre et jusqu'où cela va-t-il aller?
" La foule frémit et gronde, des poings se serrent.
- C'est ce que je redoutais, me glisse Merlin. Quand la peur et la colère engendrent le trouble dans le coeur des hommes, le chaos n'est jamais loin. Et c'est une menace pour la stabilité du royaume. Que fait Uther?
Comme en réponse, une trompette sonne, appelant tout le monde au silence. Le roi Uther descend les marches pour se mêler à la foule. Il apporte une parole de réconfort à chacun. "
Illustration Valérie Verney

Illustration Valérie Verney

Illustration Glen Chapron
 Valérie utilise deux images pour exprimer cette tension générée par la peur. D'abord les villageois en colère puis l'apparition du roi qui ramène le calme. L'illustration de Glen, sur une double page, est moins explicite mais on y lit facilement la proximité qu'il peut y avoir entre le roi et ses sujets.

6 . Le Fantôme de Dame Gabrielle


Galaad voit les fantômes. Cela va lui être utile pour l'enquête qu'il mène.
" Un fantôme de femme vient à ma rencontre dans le couloir. C'est Dame Gabrielle, d'habitude souriante et affable, elle affiche aujourd'hui, un air si contrarié qu'elle me croise sans me voir. "
Illustration de Valérie Verney (désolée pour la mauvaise qualité de l'image, c'est une photo)

Illustration de Glen Chapron
Double page pour Dame Gabrielle. Le fantôme de Valérie est translucide et lumineux (car on voit l'ombre de Galaad), celui de Glen est vaporeux.

7 . Le Chapalu


Enfin, le Chapalu apparaît, attiré par l'odeur de Galaad couvert d'une potion inventée par Merlin.
" Il n'a pas fallu longtemps pour que le Chapalu détecte mon odeur et surgisse. Il est à présent gigantesque. Perché sur le toit de la chapelle, il me considère avec intérêt. "
Illustration de Valérie Verney

Illustration de Glen Chapron
J'adore ces deux images. Le Chapalu est à la fois mignon et redoutable par sa taille.

8 . La Dame du Lac


Après avoir servi de souris pour attirer le Chapalu jusqu'au lac, Galaad, blessé et essoufflé, fait la connaissance de Viviane.
"Le félin quitte mon dos en grondant. Je me redresse dans une grimace, mon bras douloureux serré contre moi. Je dois vraiment avoir piètre allure avec mon épaule de travers, mon vêtement taché de potion et mon visage griffé. La Dame du Lac tend la main et pose ses longs doigts sur mon articulation. Une douce chaleur se répand dans mon bras tandis que la douleur disparaît complètement. "

Illustration de Valérie Verney


Illustration de Glen Chapron
Deux illustrateurs, deux belles Viviane, deux Dames du Lac.


Si vous avez envie de lire cette histoire dans son intégralité, avec les illustrations de Glen Chapron, vous pouvez trouver Le Monstre du Château (en Milan Poche Cadet) dès aujourd'hui dans toutes les librairies francophones. Pour la version illustrée par Valérie Verney, c'est trop tard, il fallait acheter le Moi Je Lis de décembre 2012 (il est collector maintenant, celui-là!).
Vous pouvez aussi retrouver en juillet, la troisième aventure de Galaad, le Poney venu de la mer, dans Moi Je Lis, toujours avec les illustrations de Glen Chapron.
A bientôt !

mardi 31 mai 2016

Il faut que je vous explique...

Mon prochain roman ne sera pas édité par l’École des Loisirs. C'est triste et difficile à encaisser. Je me sens comme une ado qu'on viendrait de mettre à la porte de chez elle.

  Mais il faut que je vous explique...

Juste avant noël 2015, j'apprenais une nouvelle troublante : Geneviève Brisac, directrice littéraire des collections Mouche, Neuf et Médium, était dans une situation délicate puisqu'elle venait de se voir reprocher ses choix éditoriaux. Dorénavant, elle devrait demander l'aval du directeur éditorial, Arthur Hubschmit avant toute nouvelle publication. Difficile à supporter pour cette femme de lettre (prix Fémina 1996) et de grand savoir qui travaillait depuis 27 ans dans cette maison pour laquelle elle avait créé la collection romans. Trop difficile même puisque Geneviève est partie, laissant ses avocats traiter avec ceux de Monsieur Hubschmit.
Nous étions en décembre et j'étais très loin de la France (en Australie), choquée par cette information qui me semblait alors complètement irréelle : comment EDL (aka l’École des Loisirs) pouvait-elle se priver d'une femme telle que Geneviève ? Que devenait Chloé, la talentueuse assistante de Geneviève ? Et qu'allait-il advenir de mon prochain roman terminé, retravaillé et fignolé jusqu'à la dernière phrase ?

Sensible à la douleur qui devait être celle de Geneviève et Chloé, je leur écrivais un mail de soutien, rappelant combien j'appréciais de travailler avec elles deux et les remerciant pour le travail que nous avions déjà accompli ensemble (quatre romans tout de même !).


Les mois passèrent. Je demandais à Chloé de soumettre mon manuscrit à Arthur Hubschmit puisqu'il portait désormais la double casquette de directeur éditorial et directeur littéraire.
Arthur Hubschmit lu attentivement La fille sans nom puis nous eûmes une discussion téléphonique très sérieuse mais plutôt courte. Extraits (à lire avec l'accent suisse) : « Écoutez, je suis vraiment très embêté. J'apprécie grandement votre style, votre sensibilité, mais je n'accroche pas du tout au fantastique, c'est plus fort que moi, je n'y arrive pas.(...) Vous comprenez, ce que je veux éditer maintenant, c'est du livre-documentaire, du réel parce que c'est ce dont les adolescents ont besoin aujourd'hui. »
Je raccrochais avec beaucoup de tristesse comprenant que je n'avais désormais plus d'éditeur. Je ne verrai pas ma Fille sans nom sous la couverture sobre de la collection Médium. Il n'y aura pas de cinquième roman chez l’École des Loisirs.

Grâce à Alice de Poncheville, je compris que je n'étais pas du tout la seule dans ce cas là. Nous étions même tellement nombreux que Alice a créé un blog où chacun est venu témoigner. Vous pouvez lire les multiples articles ici : https://laficelleblog.wordpress.com/ Ils sont assez édifiants car tous n'ont pas reçu le même accueil de la part de Arthur Hubschmit. Certains ont été malmenés, critiqués et regardés de haut.
Les seules personnes qui nous rapprochent tous, nous les auteurs refusés de EDL, ce sont Geneviève Brisac et Chloé Mary. Nombreux sont ceux qui ont été découverts par ces deux femmes. Elles ont plus d'un livre à s'écrire, plus d'une histoire à venir au monde car ce sont des sages-femmes comme on en croise que quelques-unes dans une vie.
J'ai témoigné moi aussi sur le blog d'Alice, expliquant comment le roman que j'avais passé tant de mois à retravailler sous la houlette de Geneviève et Chloé avait été écarté par le nouveau boss pour la simple raison que lui n'aime pas le fantastique.

Après une période de flottement où je cherchais quoi répondre à la question et après ? je décidai de ne pas me laisser abattre et de chercher d'autres éditeurs. J'ai tenté ma chance chez Gallimard. Après un premier retour très positif (qui me demandait de bien vouloir patienter un mois jusqu'à la prochaine réunion du comité de lecture et de leur signaler si j'avais déjà eu des propositions d'autres éditeurs), j'ai finalement reçu un bien triste refus automatique (un mail posté par une machine à une heure du matin qui avance l'argument fallacieux de la ligne éditoriale).
Je suis à présent en train de prospecter auprès d'autre éditeurs. C'est une impression étrange de revenir aux anciennes méthodes : sélectionner les comités de lecture et leurs adresses, imprimer le manuscrit, établir sa bibliographie, rédiger un synopsis, faire des centaines de photocopies, relier le manuscrit, acheter des enveloppes à soufflet (pour y caser 270 pages)...

Pendant ce temps-là, mes autres projets d'écriture stagnent. Je n'arrive pas à travailler. Tant que la Fille sans nom n'a pas trouvé de maison, je ne suis pas sûre de pouvoir continuer à écrire.

Heureusement que ma BD, l’École de PAN se porte bien. Elle continue à paraître tous les mois dans Moi Je Lis tandis que le troisième tome du recueil se prépare chez BDKids.
D'autre part, en juillet dans Moi Je Lis, vous pourrez lire un épisode inédit de Galaad : Le Poulain venu de la mer avec des illustrations absolument superbes de Glen Chapron.
Les magnifiques illustrations sont de Glen Chapron
Et en août, ce sera le tour de l’École de Pan de venir jouer les invités pour un grand récit qui s'appellera Les Super-rétrécis.

Voilà, vous savez tout.

Les cases en noir et blanc sont toutes tirées du manga Yotsuba& de Kiyohiko Atzuma, disponible aux éditions Kurakawa.

mardi 24 novembre 2015

L'école de PAN chez BD Kids

En septembre dernier sortait le premier tome de l’École de PAN : Le cube mystérieux. Les lecteurs de Moi Je Lis n'auront pas manqué de reconnaitre les six premiers épisodes déjà sortis en presse entre mars et août 2014. La BD reste la même, elle est juste enrichie d'une présentation des personnages dans les premières pages et d'une petite gazette dans les dernières.
Premier essai de couv avec un dessin déjà existant (illustration : Yomgui Dumont)

Quelle chance de pouvoir faire une bande dessinée touchant un public bien plus large que les lecteurs de presse jeunesse ! C'est incroyable de penser que l’École de Pan est dans le même format que Ariol, Marion Duval ou Zélie et Cie.
Yomgui, Drac et moi avons travaillé très en amont, une bd se préparant plusieurs mois avant son impression et sa sortie en librairie. La bd en elle-même étant déjà prête (puisque parue en pré-publication), il fallait quand même lui composer une couverture toute belle, penser au texte d'accroche en 4ème de couverture et aux petits ajouts sur les rabats dont sont équipés les BD Kids (biographies de l'auteur, de l'illustrateur et de la coloriste + présentation des principaux personnages).
Deuxième essai avec un dessin inédit encore au stade du crayonné (illustration : Yomgui Dumont). Comme vous pouvez le constater, le personnage de la Directrice apparaît toujours en arrière plan.

Couverture presque définitive. Dans la version que vous pouvez acheter en librairie, les points entre les lettres P, A et N ont disparus. Nous avons choisi d'oublier le sigle de Particuliers Atypiques et Normaux car la référence au dieu Pan nous paraissait finalement suffisante. (illustration de Yomgui Dumont et couleurs de Drac)
Pour compléter ma biographie, j'ai pris mon crayon et j'ai dessiné comme une grande un avatar de Maëlle en super-héroïne. Malheureusement, celui-ci n'a pas été retenue pour des raisons d'uniformisation. C'est Yomgui qui nous a croquées, Drac et moi et je ne m'en plains pas :) Il se débrouille vraiment bien mieux que moi.

Super-Maëlle by me

Super-Maëlle par Yomgui

Pour ma part, j'ai surtout planché sur le bonus final, c'est à dire la gazette de PAN. J'ai imaginé des petites publicités qui permettent d'élargir l'univers de Pan. En créant des magasins et des articles spécialisés en super-héros, c'est un peu comme si je sortais du cadre de l'école de Pan. L'univers se précise, nous avions le SBI (le Bureau d'Investigation du Surnaturel), nous avons maintenant les magasins Superstore.
Bonus Superstore
C'est quelque chose dont on ne parle jamais dans les comics mais c'est pourtant une question cruciale: d'où viennent les costumes des super-héros ? Certains le fabriquent eux-même (souvenez-vous du premier costume de Spiderman ou de Daredevil), d'autres font appel à des collaborateurs scientifiques (qui sont, à priori, de bons tailleurs puisqu'ils semblent tous posséder des dons pour la couture). Pensez au X-men. On ne parle jamais de ceux qui créent leur costumes. Pareil pour les Avengers, toujours parfaitement habillés sans un accroc sur leurs vêtements (sauf Hulk qui doit dépenser une fortune en pantalons). Je trouvais ça amusant qu'on soulève le voile du mystère vestimentaire des super-héros. Les enfants de l'île de Pan (et les autres) se procurent donc leurs vêtements chez Superstore. Je pense qu'un jour ou l'autre, je ferai même un épisode spécial "costumes" pour qu'on voit à quoi ressemble le fameux magasin.
Bonus Blast
Encore un extrait de la gazette. Il s'agit d'une publicité pour une boisson hyper-énergisante. Je me suis dis que les super-héros pouvaient également être une cible pour les publicitaires de tous poils. Dans ce cas, pourquoi ne pas inventer une nouvelle "energy drink". En créant cette boisson, je me suis tout simplement interrogée sur l'origine du produit. Qu'est-ce que le Blast ? Que contient-il ? J'ai donc écris un épisode spécial où les enfants de Pan visitent l'usine Blast. Découvriront-ils l'ingrédient secret? Vous le saurez dans la quatrième saison de l’École de Pan. Il va falloir être patient !

Super-Yomgui par lui-même

Je suis en effet en train de travailler sur la quatrième saison de l’École de Pan tandis que la troisième est en cours de pré-publication dans le magazine Moi Je Lis. En ce moment-même, j'ai même un document ouvert sur mon ordinateur avec l'épisode de Noël en cours d'écriture. Si vous calculez bien, j'ai un an d'avance sur les lecteurs. Et heureusement ! Je préfère ça plutôt que d'être confrontée à une panne d'inspiration quelques semaines avant la parution. Vous imaginez la course! Car, après moi, Yomgui doit transposer le scénario en dessin. Puis Drac doit mettre ses illustrations en couleur. Et nous ne travaillons pas tous les trois que sur l’École de Pan. Chacun de nous a d'autres projets, d'autres publications en cours. Travailler en avance permet de s'organiser.
Super-Drac par Yomgui
 Nous commençons actuellement à échanger des mails à propos du tome 2 de l’École de Pan chez BD Kids. Ce sera un plus gros volume que le tome 1 puisqu'il comptera 12 épisodes de 6 planches (le tome 1 comprenait 6 épisodes de 7 planches). Mais je vous en reparlerai quand le projet sera plus avancé.

Une petite séance de dédicaces, ça vous dit ?

Yomgui Dumont et moi seront en dédicace au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil le samedi 5 décembre à 11h sur le stand des éditions Milan.

Une petite rencontre-conférence, ça vous tente ?

Je serai également présente sur le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse le mercredi 2 décembre à 11h30 pour une conférence. Je cite le programme du SLPJ à ce sujet :
Supers pouvoirs et mondes fantastiques !
Pouvoirs magiques, univers parallèles, machines fabuleuses... voyage au pays des littératures de l'imaginaire, où le réel côtoie le merveilleux, en compagnie de deux auteurs aux univers peuplés de scientifiques, d'extra-terrestres et de créatures extraordinaires.
Avec Karim Friha, auteur de bande dessinée ("La Flamme et l'orage", Gallimard BD), Maëlle Fierpied ("L'École de P.A.N", dessiné par Yomgui Dumont, BD Kids Bayard/Milan) et animée par Christine Paix, libraire.
Rencontre croisée / 1h / À partir de 10 ans / Bande dessinée
Scène littéraire / H26
Venez nombreuses et nombreux pour me poser des questions, plein de questions, que cette rencontre soit passionnante et riche de nos échanges !


Pour plus d'informations sur le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, c'est par là : http://slpj.fr/

vendredi 12 juin 2015

Bazmaru et la fille du vent : faire des recherches pour mieux raconter

Pour créer l'univers dans lequel vont évoluer les personnages d'un roman, il faut parfois de longues heures de recherches. Toutes les histoires ne peuvent pas raisonnablement se passer que dans des lieux que je connais bien, ce serait vite ennuyant pour le lecteur et pour moi aussi.
Si j'aime inventer des paysages, j'ai quand même rapidement besoin d'enrichir mes mondes avec des éléments du réel.

Mon cahier à spirale

Mes carnets entrent en jeu à ce moment-là. Ils m'aident à garder en tête des éléments cruciaux sur le roman en cours. Pour Bazmaru et la fille du vent, j'ai utilisé un grand cahier à spirales qui s'est vite rempli d'informations vitales pour l'histoire.

Je voulais que chaque maison ressemble à son propriétaire. J'ai donc fait un petit croquis pour m'en souvenir.
En faisant des recherches sur le tatouage en Polynésie, j'ai découvert que le tatoo changeait de nom en fonction de la partie du corps qu'il recouvrait.
Idem pour les tatouages maoris du visage qui sont comme une carte d'identité.
Il me fallait également du vocabulaire. Je me suis servie du reo maori et du tahitien pour composer un lexique (admirez au passage mon formidable talent pour le dessin)

Comme vous pouvez le constater je ne me sers pas de toutes mes recherches. Une fois que j'ai compulsé toutes les informations nécessaires, je pioche là où j'en ai besoin. Ces pages ne sont qu'un tout petit extrait du cahier. Je ne vous montre pas tout parce que le reste est visuellement moins parlant (et puis, il faut bien garder un peu de mystère).

Les informations glanées sur internet

Internet, c'est un peu comme une encyclopédie à ciel ouvert dont les pages auraient été éparpillées puis reliées par des fils. C'est une toile d'araignée géante (d'où le nom de web). Il faut glaner, s'égarer, suivre un fil parallèle, sauter d'un site à l'autre avant de trouver l'information pour laquelle on était venu.
Savoir comment circulent les courants marins, ça ne s'invente pas. Un schéma trouvé sur internet peut se révéler bien utile. Le souci, c'est qu'à force d'être utilisées, ces images perdent leur copyright. Je ne sais donc pas d'où provient cette carte.
Il est bon de connaître également la taille approximative des animaux dont on parle. C'est chose faite avec ce passionnant schéma.
Article du Figaro daté du 15 février 2002 déniché par hasard sur internet. Très bonne pioche. Je me suis inspirée de ce Motmot pour créer une île unique pour le peuple dauphin.

Face your Bazmaru

Enfin, à cause de ma piètre mémoire des visages, j'ai recours à ce merveilleux outil qu'est Face Your Manga. Comme je suis une quiche en dessin, ce programme me permet de créer des avatars de chacun de mes personnages. La variation sur les visages reste limitée, c'est vrai, mais l'image agit comme un rappel sur mon cerveau pour évoquer le personnage.

 Sous l'eau

 Pour les informations liées au voyage d'Aéris et Bazmaru sous l'eau, j'ai fait appel à mon Papa qui est un plongeur émérite. Il m'a prêté quelques ouvrages et a répondu à mes interrogations. J'ai également pioché quelques images sur internet.





Je terminerai avec deux images qui ont été des sources d'inspiration pour l'histoire. Elles ont éveillé ma curiosité et elles m'ont donné envie d'écrire.
Recess Wave de James Jean

Mermaid de John Howe

Encore une dernière chose : Bazmaru et la fille du vent connait une seconde vie en Médium Max. Si vous êtes abonnés à l’École des Loisirs, vous avez certainement reçu dans votre boîte aux lettres l'exemplaire édité spécialement pour l’École des Max. La différence avec l'original est minime, comme vous pouvez le constater sur cette photo.
A gauche, l'édition vendue en librairie, à droite l'édition Médium Max
Alors bonne lecture à vous, cher abonnés! J'espère que vous apprécierez cette histoire et qu'elle vous donnera envie de découvrir les autres. Nana! (comme dirait Bazmaru).

Samedi 13 Juin à Saint Germain

Je serai samedi 13 juin à la librairie Gibert Joseph de Saint Germain en Laye pour parler du métier d'écrivain, de la façon dont j'écris mes romans, pour répondre à vos questions et dédicacer quelques romans si vous en avez envie.
Cela fait deux mois que Rachel, la libraire, s'occupe de préparer cette journée. J'espère qu'il y aura du monde pour la récompenser de tous ses efforts! Alors, venez nombreux!

vendredi 13 février 2015

Les libraires sont mes amis

La librairie est le seul endroit où je m'autorise un achat compulsif. Je préfère manger des pâtes pendant un mois si ça peut me permettre de continuer à acheter des livres (de toute façon, j'adore les pâtes).
Je recueille donc depuis quelques mois les meilleurs publicités de librairies. Les libraires aiment les livres et le leur rendent bien.

Become someone else : devenez quelqu'un d'autre. Ces talentueuses publicités sont la vitrine de Mint Vinetu, librairie lituanienne située à Vilnius. L'idée est simple, peu onéreuse, mais il fallait y penser.




The right book will always keep you company (un bon livre vous tiendra toujours compagnie). Ces pubs sont pour les librairies Steimatzky, une grande chaîne de "bookstores" israélienne.
Vous avez remarqué? On retrouve encore Don Quichotte. Je trouve celle de Fifi Brindacier très sympa.


Au tour de la librairie Crisol située à Lima, au Pérou. Ils font appel à une vision très personnelle de Harry Potter et Frodon pour illustrer leurs propos : Imagine him as you wish. Read (Donnez-lui le visage que vous voulez. Lisez.). Bizarrement pour une librairie, pas de trace de livre dans l'image. En même temps, le public visé (sûrement pas des retraités) comprend assez facilement de quel héros il s'agit.




Words create worlds (les mots créent des mondes). L'accroche est simple et efficace. Ici, le livre est mis au premier plan. On doit cette belle réclame à la librairie Anagram située à Prague en République Tchèque.


And you, why do you read? (Et vous, pourquoi lisez-vous?) demandent les librairies belges Filigranes. Là encore, le livre, travaillé avec art, est mis au premier plan.


Un bon livre vous charmera pour des jours. Une bonne librairie pour toute votre vie.

Les mots ne peuvent rendre justice au plaisir d'une bonne librairie. Ironique.
Jusque là, les libraires se cachaient humblement derrière le livre. Il en va autrement pour les librairies anglaises Waterstones qui n'hésitent pas à se mettre en avant.

 Cette touche d'humour noir est une publicité culottée pour la librairie Guivelle de Lons-le-Saunier dans le Jura.

Enfin, le contre-exemple vient de Ikea. Pourquoi toujours offrir un livre? Ouille! Publicité ici savamment détournée par Sandawe, un site de crowdfunding qui soutient les jeunes auteurs BD. Pan, dans les dents Ikea!

Et puisqu'on parle de librairies, je serai en dédicace Mercredi 3 juin à la librairie Nouvelle d'Orléans et le samedi 12 juin à la librairie Gibert de Saint Germain en Laye.
A bientôt !